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1, 2, 3 – Isoler, rendre étanche, ventiler

Dans l’habitat traditionnel, le chauffage est le premier en cause dans le montant de la facture énergétique.

Depuis quelques décennies, les techniques d’isolation ont pris de plus en plus de place dans les maisons neuves et les rénovations, et ce à raison. Au point que certains logements peuvent maintenant se passer d’installation de chauffage et que quelques bougies suffisent à apporter la chaleur nécessaire…

Pour réussir ? Simple comme « un, deux, trois », mais trois étapes à ne pas oublier !

Un : Isoler

Isoler permet d’empêcher (en hiver) que la chaleur intérieure du bâtiment n’en traverse les parois (toit, murs, sol) et soit perdue à l’extérieur. Mais qu’est-ce qui isole ?…

Quand on place un isolant, ce n’est pas la matière de l’isolant qui isole mais l’air sec qui y est enfermé. Faites l’expérience de mettre deux paires de grosses chaussettes en laine dans des chaussures serrées par temps de gel : vous aurez froid aux pieds. Il faut donc que l’isolant ne soit pas comprimé pour qu’il puisse garder un maximum d’espaces « vides ».

Il existe différents types d’isolants et ceux-ci sont plus ou moins efficaces pour isoler. Pour faire le meilleur choix, ce n’est pas le tout de regarder leur capacité à isoler (ex. : la laine a un meilleur coefficient d’isolation que le coton), il faut également regarder en quelle épaisseur on doit les poser (ex. : mettre 1 ou 2 pull(s) en laine). [1]

Idéalement, l’isolation doit être continue : on doit pouvoir la suivre du doigt du toit au mur, de mur à mur, de mur à plancher… [2] Sans cette continuité, c’est place aux points froids, les fameux « ponts thermiques », sources de condensation et de moisissures. [3]

Deux : rendre étanche

Gare aux courants d’air, l’air doit rester immobile ! Un gros pull par temps de grands vents laissera filer la chaleur entre ses mailles. Le coupe-vent permettra d’immobiliser l’air dans le pull. De plus, il doit rester sec pour garder ses performances. Après avoir couru et bien transpiré dans le froid, il ne faut pas tarder de se changer pour ne pas prendre un coup de froid.
Pour une maison, c’est pareil. Par exemple, dans une toiture, ces rôles sont respectivement pris en charge par le pare-pluie côté extérieur de l’isolant et une membrane pare-vapeur ou frein-vapeur côté intérieur qui empêchera l’eau contenue dans l’air de l’habitation de mouiller l’isolant.

Certains matériaux (autres que les membranes pare-vapeur ou frein-vapeur) peuvent assurer le rôle de frein-vapeur en fonction de la paroi où ils sont utilisés (ex. : un plafonnage, un panneau de type OSB…). Ici aussi la continuité (dans ce cas, de l’étanchéité à l’air) joue un rôle important. Les jonctions doivent être parfaites sur tout le pourtour de la maison. [4]

En effet, un soin particulier est à porter aux endroits de jonctions : chaque fuite est un endroit où l’air intérieur chaud et humide s’engouffre vers l’extérieur du logement. Dans cette fuite, il se refroidit, et voit la vapeur d’eau qu’il contient se condenser dans la paroi (le mur, dans l’isolant...) Et là, gare aux dégâts (champignons, moisissures) ! Des éléments de raccord spéciaux existent pour toutes les jonctions. Pensez-y dès la conception, pour ne pas vous retrouver avec de véritables casse-tête en cours de chantier…

À noter que certains matériaux ont la capacité de supporter une certaine charge en humidité, qu’ils peuvent restituer ensuite. Quoi qu’il en soit, les matériaux doivent posséder une ouverture à la vapeur d’eau de plus en plus grande de l’intérieur vers l’extérieur [5]. De sorte à pouvoir laisser s’échapper cette vapeur d’eau si elle parvient à entrer dans le mur.

Le test « blowerdoor » permet de vérifier que l’étanchéité à l’air est suffisante. Il est indispensable lors de la certification des bâtiments passifs mais peux également se justifier dans d’autres projets si un enjeu d’économie d’énergie est pris en compte.

Trois : ventiler

Après avoir pris soin d’isoler et de rendre étanche, on ne peut pas en rester là. L’air non renouvelé se charge en pollutions diverses et en eau. Il faut donc veiller à ventiler de façon contrôlée le logement pour permettre d’une par de renouveler l’air intérieur et d’autre part d’évacuer l’humidité produite (douce, respiration, cuisson) et les polluants éventuels (Co2, dégagements du mobilier et des matières plastiques, produits d’entretien...).

De plus, le risque d’intoxication et de mort est réel dans les logements calfeutrés qui utilisent des appareils à combustion sans prise d’air extérieur : lorsque l’air n’y arrive pas suffisamment, il y a risque de production de CO.

Pour une ventilation correcte, l’air neuf arrive dans les espaces de vie (salon, chambre, salle à manger…). Il passe ensuite sous les portes ou par les grilles dans les portes vers les espaces où sont produits les mauvaises odeurs et l’humidité (salle de bain, cuisine, WC). De là, il est extrait et rejeté à l’extérieur.

Diverses possibilités existent pour ventiler :

Arrivée d’air naturelle Arrivée d’air mécanique
Extraction d’air naturelle « Système A » (nécessite une bonne conception) « Système B » (rarement utilisé dans l’habitation)
Extraction d’air mécanique « Système C » (assez répandu et facile à mettre en œuvre en rénovation) « Système D » (permet de récupérer des calories sur l’air sortant)

Attention, lors du remplacement de châssis anciens, on a tendance à tout refermer/calfeutrer. Or, si dans la maison, il n’existe pas d’autre entrée d’air, il est impératif de garder une entrée d’air réglable sur les nouveaux châssis (grille de ventilation).
Pour un habitat passif, l’entrée et la sortie d’air sont mécanisées et un échangeur permet de récupérer les calories de l’air sortant pour préchauffer l’air puisé à l’extérieur et injecté dans la maison. Facile à intégrer dès la conception en neuf, plus difficile en rénovation.

(Quatre), la cerise sur le gâteau : les technologies à la pointe

Après tous ces efforts, on peut enfin penser à une installation de chauffage performante, intégrer des panneaux solaires... Penser à cela sans être passé par les 3 premières étapes ci-dessus, c’est un peu comme vouloir un robinet performant pour remplir un seau à trous !

Vous voulez nous rencontrer pour approfondir cette thématique ?

Rendez-vous le samedi 15/2/2013 lors de notre valse des salons...

Pour en savoir plus…

- Rendre son logement économe en énergie, oui mais comment ? Rénover pour consommer moins : guide pratique.
- Par quoi commencer : 10 priorités pour un logement économe en énergie, brochure réalisée par l’IBGE.
- 100 conseils pour respecter l’environnement et économiser l’énergie. Brochure réalisée par l’IBGE.
- Info pour les professionnels (CSTC) : L’étanchéité à l’air des bâtiments : un défi majeur pour l’ensemble des corps de métier.
- Qualité de l’air dans les bâtiments : fiches santé et habitat.


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[1Pour choisir un isolant performant, il faut regarder son « lambda » (noté « λ » = conductivité thermique) : si le lambda est faible, la conductivité est petite, donc peu de chaleur passe, donc ça isole bien. Il faut aussi regarder l’épaisseur : plus l’épaisseur de l’isolant est grande, plus ça isole. Ces deux éléments permettent de calculer la résistance thermique « R » (résister à la perte de chaleur = capacité à garder de la chaleur). Plus R est grand, plus l’isolant est performant (ce qui implique un λ petit et une épaisseur plus importante).

[2Ces jonctions sont appelés les nœuds constructifs.

[3C’est ici qu’apparaît la notion de « volume protégé », soit tous les espaces de la maison qui sont chauffés. Pour l’identifier, on réalise un inventaire des pièces chauffées et celles qui ne le sont pas. Ex. : un grenier non chauffé sera considéré comme étant extérieur au volume protégé. L’isolation du toit se fera donc dans le plancher du grenier et non pas dans les pans de toiture inclinés.

[4Veiller aux raccords entre les panneaux, entre la toiture et les murs, entre murs et fenêtres, entre murs et sol, entre murs de natures différentes... mais aussi à chaque percement (ex. : ventilation, tuyaux de chauffage, électricité). Soyez aussi particulièrement attentif aux seconds passages de corps de métiers (ex : électricien, plombier...) pour ne pas percer les membranes étanches déjà en place.

[5On parle du coefficient de de résistance à la diffusion de vapeur des matériaux. Il doit être plus petit pour les matériaux côté extérieur que pour ceux placés côté intérieur.


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