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Diminuer la facture d’eau, pour soi, pour tous, pour la terre…

Qui ne connait pas le vieil adage « Mieux vaut prévenir que guérir » ? Que de sagesse dans si peu de mots et qui s’appliquent à tant de domaines différents… Par exemple, nous avons tous intégré l’importance du tri des déchets : tri en amont et revalorisation en aval.
Ajoutez ceci : « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. » et vous avez les ingrédients pour comprendre la problématique de l’eau…

Pour ceux qui n’ont pas pu participer à l’exposé de Francis Busigny [1], nous partageons ici sa vision futuriste d’une conscience collective de la valeur de l’eau et sa gestion raisonnée… Les travaux de recherches ayant permis de développer ces concepts ont été menés par Joseph Orszàgh [2].

Constats

Toutes les prévisions actuelles concernant l’état des ressources mondiales de l’eau aboutissent à un constat d’échec : pénurie généralisée, manque d’eau potable, sécheresses, inondations, pollution généralisée, dégradation de la qualité de l’eau. On fera la guerre pour l’eau.

Parallèlement, on attire l’attention sur le fait que les terres agricoles se dégradent et disparaissent à une vitesse croissante par érosion.

La majorité des spécialistes de l’eau n’ont pas encore réalisé pleinement les corrélations intimes qui existent entre la gestion de l’eau et celle de la biomasse végétale et animale produites par la biosphère. Nos problèmes actuels d’eau proviennent principalement d’une série de décisions techniques et politiques incorrectes concernant la gestion de la biomasse. [3]

Une des clefs (peut-être la plus importante) d’une gestion réellement durable de l’eau et de l’énergie se trouve dans la gestion correcte de la biomasse.

Perspective optimiste

En mettant en place, dès à présent, un projet mondial de gestion de la biomasse, l’humanité sortirait de tous ses problèmes d’eau, en moins de deux générations (± 50 ans). Sans ce tournant, même la production alimentaire mondiale des générations futures ne pourra pas être assurée. Un tel projet mondial coûterait moins cher que les sommes actuellement envisagées uniquement pour l’épuration des eaux usées des grandes villes.

La vision prospective proposée implique l’abandon d’une série de concepts et de techniques, actuellement très à la mode, au profit de solutions simples ayant déjà fait leurs preuves. Elle repose sur la prise de conscience de la Vie dans le sol et de son pouvoir régénérant, au lieu d’appuyer l’assainissement sur des technologies chimiques coûteuses.

Dans un compost, des milliards et des milliards de micro-organismes travaillent gratuitement pour vous, 24h/24, 7j/7, 365j/an sans jamais faire grève. L’épuration des eaux du tout-à l’égout est autrement plus cher, facture rapportée sur la consommation de l’eau de ville et désastreuse pour l’environnement...

Saineco

Quelques exemples de principes…
À abandonner À mettre en place
Système tout à l’égout Séparation des eaux grises et des eaux fécales
Épuration à tout prix des eaux usées urbaines Valorisation intégrale des eaux usées (centres d’imprégnation et de compostage, irrigation des champs)
Destruction massive de la biomasse (épuration, biocarburants…) Développement de filières de production d’énergies vertes par biotechnologies, sans combustion
Technique centralisée de gestion de l’eau des zones urbaines à habitat très dense Priorité donnée aux solutions décentralisées
Traitement de l’eau de pluie comme un déchet (vers les égouts et les rivières) Utilisation de l’eau de pluie et alimentation de la nappe phréatique
Il importe de…

Revoir notre vision sur la qualité de l’eau. Adapter sa qualité aux usages qu’on en fait. Donner les mêmes facilités légales pour toutes les filières de production d’eau, y compris celle de l’eau de pluie. Les techniques pour effectuer ce tournant décisif sont dès à présent disponibles et opérationnelles, mais dans le contexte légal actuel, elles sont soit interdites soit marginalisées.
Pour le tournant, les mots-clefs sont : décentralisation, priorité aux techniques de prévention, abandon progressif des techniques de réparation.

Et moi dans tout ça ?

Ce que chacun peut faire à sa mesure : récupérer l’eau de pluie, installer une TLB (toilette à litière bio-maîtrisée [4]) s’il a un jardin. Mais aussi, et ça demande une énergie plus importante pour obtenir les autorisations (mais d’autres y sont arrivés), faire prévaloir la législation européenne [5] qui autorise les systèmes d’épuration individuels ou d’autres systèmes appropriés assurant un niveau identique de protection de l’environnement (comme le lagunage par exemple), sur la législation belge concernant l’épuration de l’eau…

Bénéfices directs

Diminution de sa facture d’eau mais plus important encore : préservation de la qualité de l’eau dans le sol, valorisation de la biomasse, maintien de la Vie sur terre.

Pour en savoir plus

- Vidéos courtes explicatives :
- Récupération de l’eau de pluie : système pluvalor.
- Principes d’assainissement de l’eau : système saineco.
- Toilette à litière bio-maîtrisée.

- Comment devenir autonome par rapport au réseau de distribution d’eau et aux égouts ?
- Importance de la biomasse en tant que grand cycle, ou les nouveaux paradigmes du génie sanitaire.
- Exemples de réalisations dans cette lignée en Wallonie :
- Reportage vidéo sur l’habitat groupé à Temploux.
- À venir : rénovation d’une tannerie dans le Domaine des 3 Vallées à Dourbes (Viroinval) visant une quasi autarcie. Ce bâtiment sera transformé en appartements et isolé (matériaux naturels). Il sera autonome en eau et disposera d’un traitement des eaux usées sur place (séparation des eaux grises et des eaux fécales avec centre d’imprégnation)… Lire l’article de presse. Accéder au site du Domaine des 3 Vallées.
- Gestion de l’eau de pluie à l’échelle d’un quartier (document IBGE) : Favoriser la mise en place de dispositifs alternatifs pour la gestion des eaux pluviales.

- Pour le fun : Clip vidéo « Les potes à Jé » sur la valorisation de la biomasse.


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[1Francis Busigny est Ingénieur Conseil en Valorisation soutenable des Eaux résiduaires et des Déchets - ses sites internets : blog bonne eau, bonne terre / présentation du projet de la tannerie du Domaine des 3 vallées

[2Joseph Orszàgh - Ancien doyen de la Faculté Polytechnique de Lubumbashi (Congo), ancien chercheur à l’Université de Mons, ancien membre de la Commission des Eaux de la Région wallonne - son site : www.eautarcie.org

[3«  La biomasse est la matière organique contenue dans le tissu des plantes et des animaux. Elle est susceptible de libérer de l’énergie (de biomasse) lorsque des liaisons chimiques sont brisées par voie de digestion microbienne, de combustion ou de décomposition. La bioénergie provient de l’énergie solaire emmagasinée directement dans les plantes par la photosynthèse, et indirectement dans les animaux qui font partie intégrante de la chaîne alimentaire au départ des plantes. La biomasse est ainsi considérée comme une source d’énergie renouvelable. Les efforts mondiaux actuels favorisent l’utilisation ou la conversion de la biomasse en biocarburants, dont la finalité est la combustion (pour générer chaleur et électricité, pour les carburants de transport, etc.). Or, l’exploitation de la bioénergie par voie de digestion microbienne pouvant générer la chaleur (via le compostage) est une démarche nettement plus soutenable et durable pour la biosphère. » En effet, elle soutient le développement de micro-organismes vivants, bénéfiques au développement d’autres êtres vivants. Retrouvez le lexique de Joseph Orszàgh.

[5Directive européenne 91/271/CE art. 3 pour le Traitement des eaux usées : «  Lorsque l’installation d’un système de collecte ne se justifie pas, soit qu’il ne présenterait pas d’intérêt pour l’environnement, soit parce que son coût serait excessif, des systèmes individuels ou d’autres systèmes appropriés assurant un niveau identique de protection de l’environnement sont utilisés. »


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