Ravalement de façade

Il existe diverses techniques de nettoyage à l’eau, à base de produits chimiques ou mécaniques, ayant chacune des avantages et inconvénients. Les différentes techniques sont à prendre en considération en fonction du type de matériau qui constitue la façade.

Ainsi, l’exemple le plus courant chez nous, pour des murs tendres (briques, certaines pierres et enduits), choisissez la méthode douce ! Les techniques trop fortes de projection de granulats ou d’eau à haute pression entraînent toujours une abrasion : une partie de matières est enlevée avec la crasse incrustée. Et une abrasion trop importante fera en sorte que la saleté s’accroche plus facilement à la paroi par la suite. La maîtrise de la main qui effectue le travail est donc primordial.

Le nettoyage mécanique

Les sablages à sec et hydrosablages (projection à haute pression d’eau et de sable) sont donc à proscrire sur des façades tendres. On préconisera plutôt, en fonction de la saleté, un micro-sablage (mélange sable fin et eau à très basse pression).

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De même, la technique de nettoyage à l’eau à haute pression (ex. : systèmes Kärcher…) qui consiste à éliminer la saleté instantanément à l’aide d’un jet d’eau à haute pression, est aussi à proscrire. L’apparition de nombreux appareils sur le marché fait que cette technique est malheureusement utilisée de plus en plus souvent. Si elle peut convenir sur des matériaux durs, elle est vivement déconseillée pour les matériaux tendres ou altérés et les joints qui peuvent être éliminés. Le mur poreux reçoit également une quantité d’eau très importante qui mettra du temps à s’évacuer.

Quelle que soit la technique utilisée, pour garantir la réussite de l’opération, il est toujours préférable de demander un test au préalable ou d’intégrer au cahier des charges une « obligation de résultats », à l’appui de photographies prises avant travaux (respect de la physionomie des matériaux). En général, pour garder une maçonnerie en bon état, il est conseillé de la nettoyer au jet d’eau à basse pression tous les deux ou trois ans et de la brosser légèrement (pas avec une brosse aux poils d’acier !).

La réfection des joints

La qualité de la réfection des joints est très importante après le nettoyage. C’est en effet là que l’humidité sort. Si le joint est trop « dur », trop imperméable, tel un mortier trop riche en ciment ou à base de sable fin, il retient l’humidité dans les murs et provoque des fissures, des décollements ; la maçonnerie se fragilise et la brique devient pulvérulente (se réduit en poudre). Il est donc conseillé, surtout pour les maisons datant d’avant 1930, d’utiliser de la chaux pour le rejointoyage.

La chaux, le ciment, l’enduit synthétique ou organique
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Pendant des siècles, les enduits, les maçonneries et les joints ont été fabriqués à base de chaux. Ce matériau naturel possède de nombreux avantages dont le principal est sa perméabilité à la vapeur d’eau (évaporation de l’humidité contenue dans le mur). Etant très souple, la chaux limite l’apparition de fissures. Elle résiste bien au gel et respecte les matériaux (bois, pierre, brique…). Il existe différents types de chaux naturelles (NHL 2, NHL 3,5, NHL 5 ou chaux aérienne). Attention aux chaux NHL-Z qui contiennent du ciment et n’ont plus la même perméabilité et souplesse qu’une chaux naturelle. De même un mélange « bâtard » (chaux et ciment) ne peut contenir plus de 10% de ciment. Ce mélange n’étant a priori pas vraiment nécessaire, car la NHL 5 a une prise suffisamment rapide et une bonne résistance à la compression (il suffit de voir les édifices romains).

Dans les années 1930, la chaux est remplacée peu à peu par le ciment, apprécié pour sa prise rapide et sa résistance mécanique élevée. Le ciment permet une multitude d’effets décoratifs et l’ennoblissement de la façade par des moulures en référence à la pierre. Celui-ci possède néanmoins des caractéristiques moins intéressantes que la chaux, notamment sa moindre perméabilité à la vapeur d’eau. De plus, l’emploi d’un mortier de ciment (plus dur) dans un bâtiment ancien à la chaux (plus souple) crée des tensions internes, sources de fissures (notamment au niveau des joints).

Les nouvelles générations organiques (revêtements plastiques) ou synthétiques, à base de résines, sont imperméables à l’eau et respirent donc pratiquement pas comparé à un enduit minéral (à base de chaux). Ils peuvent être utilisés avec moins de risques dans des constructions modernes et parfois en rénovation.

Hydrofugation de votre façade… Attention !

Il existe de nombreux traitements hydrofuges qui permettent de protéger la brique et la pierre apparente. Un hydrofuge est un produit incolore qui permet d’imperméabiliser les matériaux poreux. Le choix est important car certains produits contenant des résines peuvent réduire fortement la « respiration » des murs.

C’est donc une application qu’il ne faut pas prendre à la légère et qui exige une façade en très bon état (pas de fissures, pas de champignons ou de mousse, pas de sels, pas d’humidité…) et une bonne connaissance du comportement hygrothermique du mur. L’hydrofuge ne bouche pas les fissures et n’est pas un traitement contre les champignons et les sels.

Si les fissures ne sont pas rebouchées avant le traitement, l’humidité qui s’y infiltre avec l’écoulement des pluies a de grande chance de rester dans le mur. L’hydrofuge empêchant l’évaporation de celles-ci. Si les champignons et/ou les sels ne sont pas traités auparavant avec les produits adéquats, ceux-ci resteront enfermés derrière l’hydrofuge et continueront leur travail de dégradation.

JPEGL’hydrofuge est un traitement qui pénètre dans les pores sur une profondeur de plusieurs millimètres et, s’il est bien appliqué, reste pour une durée de 15 à 30 ans. C’est donc une application quasi permanente (presque comme un tatouage), qui nécessite pour l’enlever, un sablage ou un décapage de la façade de plusieurs millimètres (ce qui la fragilisera).

Le nettoyage chimique

Vu la complexité des réactions chimiques en jeu (matières qui composent le mur et produits utilisés), nous ne développons pas cette thématique ici. Quelques principes à retenir :
- Ces traitements ne sont généralement pas anodins ni pour l’environnement ni pour la santé.
- Faites toujours appel à un professionnel.
- Vérifiez toujours l’adéquation du traitement au préalable sur une petite surface peu visible pour éviter d’altérer la façade.

Pour aller plus loin


- Cette thématique sera abordée à la maison de l’habitat durable le mardi 25 novembre de 17h30 à 19h00 lors d’une séance d’info sur le nettoyage et l’entretien des façades.
- Fiche info téléchargeable réalisée par Espace Environnement : "http://www.espace-environnement.be/pdf/urba_beaureg_sablage.pdf".


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